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Un schéma d’orientation de Saumur Val de Loire irréaliste pour l’ économie et l’ environnement

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21 octobre 2020

Un schéma d’orientation de Saumur Val de Loire irréaliste pour l’ économie et l’ environnement

Observations sur la modification envisagée du SCOT ( schéma stratégique d’orientation)

En préalable , nous observons le caractère relativement restreint du champ des modifications en cours du Scot qui porte essentiellement sur l’affectation et la répartition des espaces de développement économique. Or c’était sans doute une occasion d’actualiser sérieusement les données sur lesquelles se fonde le Scot afin d’obtenir une meilleure cohérence entre la réalité et les orientations. D’une manière générale, il faut constater le caractère particulièrement obscur et pratiquement illisible du Scot Saumur Val de Loire tout autant que des modifications.
Le Scot et ses modifications se fondent sur des éléments le plus souvent obsolètes en plus parfois sur interprétés pour ne pas dire déformés.
En effet, pour l’essentiel les dernières statistiques datent de 2011 alors que nous sommes en 2020 et que le document SCOT se propose d’orienter la politique d’aménagement pour les 20 ans à venir. On aurait attendu évidemment qu’à l’occasion de la modification du Scot les chiffres soient actualisés alors qu’ils sont déjà en retard d’une dizaine d’années.
Déjà lors de l’adoption du 23 mars 2017 du Scot les chiffres se limitaient au mieux à 2011, dans les modifications aucune actualisation n’a été effectuée.
On aurait aussi aimé évidemment qu’avant de déterminer une stratégie pour les 20 ans à venir on procède d’abord à une analyse et à un bilan du schéma précédent.

En préalable, il faut observer le caractère particulièrement technocratique du Scot et des différents documents qui l’accompagnent sans parler du grand flou artistique du contenu qui en réalité laisse une grande liberté aux élus.
Le principal biais du Scot et donc des modifications proposées proviennent du fait qu’on se fonde sur des chiffres erronés en matière d’emploi, de population et plus généralement sur une analyse économique, sociale et démographique dépassée.
Le document détermine de manière tout à fait arbitraire une limite de l’ordre de 300 ha pour les besoins économiques nouveaux d’ ici 2030 et prévoit une affectation tout aussi arbitraire. Ainsi par exemple 24 ha supplémentaires pour l’agglomérat qui comprend Saumur, Fontevrault, Douai, longué, Vernantes , Mouliherne et Vernoil !
Les modifications affirment lister les éléments nouveaux de connaissance du tissu économique mais aucun chiffre n’apparaît sinon des cartes très évasives. Bref une analyse très littéraire des réalités mais aucune statistique récente et crédible.
D’entrée, le document de modification affirme qu’il ne s’agit pas de remettre en cause les objectifs de production de logements alors que les tendances démographiques auraient mérité un sérieux réajustement des perspectives à l’occasion de la modification.
On affirme par exemple que le champ de l’EPCI aurait gagné 700 habitants en cinq ans (chiffre de 2011) alors que sur les cinq dernières années autant d’habitants ont été supprimés à Saumur seulement.(Chiffres de 2017 et non de 2011).

Compte tenu de la complexité du sujet largement entretenue par l’approche bureaucratique, il est vraisemblable que nombre d’élus seront bien incapables de comprendre et encore moins d’exposer les orientations définies dans ces textes . Des documents élaborés par des bureaux d’études spécialisées qui, eux aussi , utilisent le latin de technocrates pour envelopper le propos et limiter aussi observations et contestations.
La modification du Scot ne remet pas en cause l’analyse très optimiste de la situation économique, sociale et des perspectives de croissance démographique.
Le Scot indique qu’il convient de construire environ 8 300 logements à l’horizon 2030, soit environ 593 logements par an en moyenne. Dans le cadre de cet effort constructif, la spatialisation du développement résidentiel doit répondre à l’objectif de renforcement et de réaffirmation du Pôle de Saumur.
En particulier, le pôle Saumurois doit retrouver son poids dans le grand saumurois, ce qui implique une inflexion forte dans l’effort constructif et la gestion de la vacance. L’objectif, pour le pôle de Saumur, dans cette optique, implique la réalisation de 3 424 logements à 2030 (soit une moyenne de 245 logements par an au lieu de 161 dans la dernière période). Cet objectif est donc très ambitieux et ne peut être réalisé que dans le cadre d’une mobilisation foncière soutenue et un frein au développement de la vacance, ce qui renvoie également à une gestion optimisée des enjeux patrimoniaux et environnementaux. Les pôles d’équilibre du territoire doivent également se renforcer légèrement pour tenir leur rôle stratégique pour l’irrigation du territoire. En revanche, et pour mieux préserver l’agriculture des pressions, les communes de proximité doivent ralentir leur rythme de développement, en maitrisant l’évolution de leur population. Chacun aura la faculté de se développer afin de maintenir, voire faire évoluer, sa population.

Evolution population Saumur: 28113 en 2007, 27523 en 2012, 26734 en 2017

L’augmentation prévue de la population est tout à fait irréaliste surtout à Saumur même et on observera cette ambiguïté qui consiste à ralentir l’évolution hors Saumur mais quand même à prévoir leur évolution. Bref, la contradiction permanente du document qui affirme une chose et son contraire
Ces perspectives d’évolution de la population sont très importantes car elles impliquent bon nombre d’autres choix comme la politique d’urbanisme en général et celle des logements en particulier et là encore on prévoit des chiffres irréalistes pour Saumur : autour de 3500 logements en plus d’ici 2030.
Le paradoxe c’est que on a constaté un recul de l’occupation des logements actuels mais qu’on prévoit quand même un développement du parc prioritairement à Saumur.

L’autre reproche fondamental , c’est de privilégier la zone de la Loire de Saumur avec quelques allusions quand même à Longuet. Mais pour le grand désert nord-est de l’EPCI pratiquement pas un mot sinon sans doute la perspective d’éoliennes pour faire semblant de satisfaire les écologistes.
Il est clair que les habitants et les élus du nord-est de l’EPCI peuvent se demander en quoi ils sont concernés par un schéma essentiellement orienté sur le développement de Saumur, de la zone ligérienne en général.

Concernant la préservation du patrimoine naturel, on note une grande insuffisance des indicateurs d’évaluation.
La mission régionale d’autorité environnementale* note particulièrement le caractère assez flou des évaluations et des études d’impact des projets de développement. Notons par exemple que pour les éoliennes les études d’impact ont été confiées aux opérateurs !

D’une façon générale, les indications de suivi de la mise en œuvre du Scot sur les aspects environnementaux sont approximatives constate la mission régionale d’autorité environnementale*.

* Les missions régionales d’autorité environnementale (MRAe) ont été créées en 2016, aux côtés de l’Ae, afin de pouvoir exprimer des avis indépendants sur tous les « plans/programmes » et de contribuer à un meilleur fonctionnement démocratique pour la préparation des décisions environnementales.

Concernant particulièrement les éoliennes, c’est au PLU i qu’il convient de se rapprocher. De ce point de vue, il faut être attentif aux classements et déclassements de certaines zones. Le déclassement de certaines zones boisées protégées pourrait constituer une menace d’implantation d’un projet éolien. En outre, il est difficile de comprendre que d’éventuels déclassements puissent se faire sans concertation notamment avec les propriétaires et les acteurs de l’environnement.
Globalement, l’ambiguïté juridique des différents documents Scot, PADD, DOO, PLU est permanente. Normalement les derniers doivent être compatibles avec le Scot mais et on indique par ailleurs que le Scot doit tenir compte de ces documents et la subsidiarité n’apparaît pas évidente, elle paraît même parfois inversée. De sorte que cela permettra aux élus de faire un peu ce qu’ils veulent.
Cela d’autant plus que les orientations générales sont souvent surréalistes voire ésotériques quand on parle par exemple de potentiel extraordinaire de la région et autre expression de survalorisation des capacités locales . La même phrase que resservent tous les bureaux d’études lorsqu’ils rédigent les documents des collectivités locales.
Autre formule surréaliste: , Saumur , un écrin paysager de portée planétaire. Il ne s’agit pas de dévaloriser le patrimoine local qu’il convient de reconnaître et de valoriser mais de faire des choix sémantiques un peu plus adaptés à la réalité. On pourra en effet s’interroger pourquoi Saumur dont le cadre serait de portée planétaire ne réussit pas à retenir les touristes qui ne font le plus souvent que passer.
Malheureusement, il y a fort à parier que l’avenir économique social et environnemental ne soit pas très réjouissant pour la zone du Scot du saumurois.

Conclusion
Compte tenu de la complexité du sujet largement entretenue par l’approche bureaucratique, il est vraisemblable que nombre d’élus seront bien incapables de comprendre et encore moins d’exposer les orientations définies dans ces textes . Des documents élaborés par des bureaux d’études spécialisées qui, eux aussi , utilisent le latin de technocrates pour envelopper le propos et limiter aussi observations et contestations.
Pour l’essentiel, les plans sont consacrés aux aspects méthodologiques et traitent peu ou mal des enjeux socio-économiques et environnementaux qui devraient pourtant les justifier (exemple la baisse dramatique des emplois constatés dans les fiches). Ainsi on évoque peu cette perte d’emploi de la même manière qu’on ne s’appesantit pas sur le revenu moyen inférieur à celui du département. Le projet de modification quant à lui se limite à une répartition administrative des surfaces de développement économique sans tenir compte des réalités et des besoins.

Il faut aussi observer dans les orientations générales du Scot de 2017 la grande insuffisance quant aux développements en tout cas au maintien des services publics dont l’existence est pourtant indispensable au développement économique et à la qualité de la vie ( établissement de santé, médecins, pharmacie, écoles, poste, banque, pompiers, gendarmerie etc.). On pourrait aussi regretter l’absence de préoccupation quant au maintien et à la réanimation des commerces, des services dans les petites localités.
La procédure est tellement complexe qu’on a le sentiment que le traitement de ces plans a été entièrement sous-traité à des cabinets spécialisés tant sur le fond que sur la forme. Pour preuve, même les présentations sont laissées aux soins des experts urbanistes extérieurs. Certes, leur apport est sans doute utile mais la présentation des enjeux devrait être assurée par ceux qui ont en charge l’intérêt général des zones géographiques considérées.

Pour schématiser, ces plans ressemblent un peu à la planification soviétique. En effet, de très nombreux plans se superposent ( plans généraux, plans thématiques, schémas d’orientation) de même que les responsabilités ( responsabilité des communes, des agglos , des départements, des régions et de l’État). On objectera que les champs géographiques et les objets peuvent être différents; malheureusement, on ne peut sous-estimer les interactions de ces différents documents d’orientation d’aménagement, souvent contradictoires ( concernant le développement économique et l’environnement notamment). Notons que le document du Scot reconnait ses propres contradictions internes en indiquant que : Ce diagnostic prospectif ( du Scot) peut, le cas échéant, être envisagé comme une synthèse, indépendante des fiches! Quant aux modifications du Scot proposées en 2020, elles font abstraction du contexte économique et social dans lequel elles se situent.
Ces perspectives du Scot en matière d’urbanisme d’aménagement et de développement négligent particulièrement les domaines économiques, culturels, sociaux et environnementaux. Quelques pages y sont consacrées mais la quasi-totalité du reste relève d’une démarche administrative. En particulier le document modifications qui détermine arbitrairement les futures surfaces économiques.
Encore une fois, ces plans devraient davantage tenir compte des réalités pour construire des perspectives volontaristes mais réalistes.
Les zones concernées dans Saumur Val de Loire se caractérisent malheureusement par un relatif déclin économique et démographique ( voir le SCOT). Pour schématiser, on constate :
- un vieillissement de la population
- une évolution quasi nulle de la démographie; pour la relativiser, on comptabilise quelques dizaines d’habitants en plus (on se demande bien d’où si l’on se réfère aux enquêtes de l’INSEE)
- un dépérissement économique (emplois, activités, commerces, services)
- un phénomène de désertification du système de santé ( généralistes, spécialistes, hôpitaux)
- un manque général de formation initiale et professionnelle
- un taux de pauvreté supérieur au reste de la région.
Ce plan de plan de répartition de l’espace est assez surréaliste. En matière économique par exemple, on rationne les zones de développement alors que ce devrait être la priorité. On propose d’implanter des éoliennes dont l’intérêt économique et énergétique est nulle (et dont le coût de démontage dans 20 ans sera à la charge de la communauté). À noter que dans le même temps, on accorde en permanence des espaces supplémentaires à la métropole de Nantes pour des activités économiques, pour des infrastructures notamment de transport. Bref, la philosophie du développement via la métropolisolation qui a désertifié le reste du territoire.
Ce document met en évidence une insuffisance d’analyse des futures enjeux socio- économiques et environnementaux. Un seul exemple, au moins la moitié des produits qui seront sur le marché d’ici 20 à 30 ans sont aujourd’hui inconnus, 85 à 90 % des nouveaux emplois sont également inconnus, les conditions de production sont tout autant inconnues ( rôle Intelligence artificielle , autres technologies, circuits courts impliquant relocalisation et transformation de la nature des productions, évolution de la régulation des échanges etc. ). Pour schématiser, on prolonge-en les améliorant artificiellement- les courbes d’un développement qui stagne depuis 10 ou 20 ans.
Pour être positif, peut-être pourrait-on s’ interroger sur le développement exceptionnel de la zone de Cholet qui a vu ses activités et sa population doubler en 20 ans tandis que celles de la zone de Saumur stagnaient dans le même temps. Ce ne sont pas à l’évidence des éoliennes dont on a besoin pour relancer l’activité et préserver la qualité de environnement, ni d’un rationnement de l’espace économique.
Ce ne sont sans doute pas les Scot, PLU, PADD et autres DOO qui peuvent à eux seuls changer la dynamique socio-économique mais ils peuvent être l’occasion d’un réveil sur les réalités tendancielles d’une région qui semble endormie depuis 10 ou 20 ans et dont la zone nord est sert de dépotoir environnemental.

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