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Electricité : le régulateur propose une hausse massive de 6 %

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Les Echos – mercredi 30 janvier 2019

Entreprise & Marchés

Véronique Le Billon
Le gouvernement a déjà promis que le tarif régulé n’évoluerait pas cet hiver.

Après les carburants cet automne, c’est une séquence à hauts risques qui s’ouvre sur le front des prix de l’électricité. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) propose une hausse de 7,7 % du tarif réglementé hors taxes de l’électricité, soit une hausse de 5,9 % toutes taxes comprises, selon le document envoyé mardi aux différents fournisseurs et associations de consommateurs. Une audition de ces acteurs aura lieu jeudi, avant que le collège de la CRE ne délibère, le 7 février.
« Pas pendant l’hiver »

Cette hausse, la plus forte de ces dernières années, concernerait tous les consommateurs résidentiels abonnés au tarif bleu d’EDF (soit 25,6 millions de foyers), ainsi que les petits professionnels (3,2 millions). Sans compter des concurrents de l’électricien public souscrivant à des tarifs indexés sur le tarif réglementé. Si le prix de l’électricité est encore beaucoup plus bas en France qu’en Espagne ou en Allemagne, la hausse représenterait environ 85 euros annuels pour un foyer chauffé à l’électricité et 25 euros par an pour un ménage chauffé avec une autre énergie.

Cette augmentation devrait s’appliquer, en théorie, à compter du 1er mars. Mais dès le début du mouvement des « gilets jaunes », le gouvernement a prévenu qu’il temporiserait. « Les tarifs de l’électricité et du gaz, qui devaient augmenter en début d’année, n’augmenteront pas pendant la concertation et donc pas pendant l’hiver qui s’annonce », avait indiqué le Premier ministre, Edouard Philippe, le 5 décembre. Formellement, le gouvernement a trois mois pour s’opposer à une proposition tarifaire de la CRE.

« Ce sont les parlementaires qui ont établi la règle de l’empilement des coûts et j’ai appliqué strictement cette règle pour limiter la hausse », indique toutefois aux « Echos » Jean-François Carenco. L’augmentation s’explique aux trois quarts par le bond des prix de l’électricité sur le marché de gros, lié notamment à la hausse des cours du carbone l’an dernier. Pour limiter l’impact sur la facture, néanmoins, « un certain nombre de sujets sont à voir pour le gouvernement. Je leur dirai », indique le président de la CRE.

Concrètement, plusieurs leviers seraient envisageables pour contenir la hausse. Celui préféré par les fournisseurs – car il préserverait leurs marges – serait de compenser la hausse des prix hors taxes par une baisse des taxes. Celles-ci (CSPE, TVA, CTA…) représentent 37 % de la facture, soit désormais près de 60 % du prix hors taxes de l’électricité. La CSPE, qui représente 14 % de la facture TTC d’un ménage, « pourrait éventuellement constituer un levier pour modérer l’évolution tarifaire TTC », indique d’ailleurs le document de la CRE. Taxe non affectée, elle finançait historiquement les énergies vertes, or la remontée des prix de marché minore le soutien public. Mais cela pèserait sur les finances publiques.

Les concurrents d’EDF plaident aussi pour pouvoir acheter davantage d’électricité nucléaire à EDF à un tarif régulé (l’Arenh), l’atteinte du plafond, en novembre, ayant renchéri le coût d’approvisionnement. EDF y est toutefois très hostile, et plaide au contraire pour un durcissement des conditions du partage de la rente nucléaire. Une autre solution pourrait consister à lisser la hausse prévue, ce qu’ont in fine toujours obtenu les concurrents d’EDF quand ils contestaient les interventions politiques devant le Conseil d’Etat.

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