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Avec 61,34 % de toutes les énergies renouvelables, la bioénergie doit assumer sa position de leader

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Quand on questionne la population européenne (hors Europe du nord-est), et particulièrement française (les chiffres en la matière pour la France étant très proches des chiffres européens), on touche à deux paradoxes bien illustrés par un sondage IPSOS, commandé par le syndicat des énergies renouvelables et réalisé en France du 3 au 10 décembre 2012. À la question Quelle est l’énergie renouvelable la plus consommée en France ? seules 8 personnes sur 100 ont répondu la bioénergie, très loin derrière l’éolien et le solaire. À la question Selon vous, quelle est la principale utilisation des énergies renouvelables ? 67 % des sondés ont répondu à faire de l’électricité ! Or sur ces deux aspects, la réalité est toute autre.

En 2015, la dernière année pour laquelle on dispose de tous les chiffres, la bioénergie a représenté 10,17 % de toute l’énergie consommée en Europe et 61,34 %1 de toutes les énergies renouvelables, premier paradoxe ! Et si l’on remonte en 2005, la part des bioénergies était même à 68 % d’après Eurostat2, soit 11 fois plus que l’éolien et le solaire réunis. Dix ans après, même si la part de l’éolien et du solaire a été multipliée par trois au prix d’efforts financiers très importants, ces deux secteurs ne représentent en 2015 que 18 % des EnR2 et 3,3 % de l’énergie totale consommée en Europe1.

Cette perception erronée est lourde de conséquences pour la filière bioénergie puisqu’elle en minimise à outrance son importance, et par là même déforme la vision que les acteurs économiques devraient avoir de ses perspectives réelles de croissance. Comment pouvez-vous en effet imaginer investir dans une filière que vous sous-estimez à ce point ?

Or cette perception est largement entretenue et surtout en France, par l’amalgame volontaire énergie = électricité pour qu’au final ce qui n’est pas électrique soit ignoré. Et dans le cas de la bioénergie, qui est constituée à 87 % de vecteurs non-électriques1, c’est évidemment pénalisant.

Pour trouver des chiffres honnêtement présentés, c’est-à-dire présentant sur un pied d’égalité les trois secteurs énergétiques (chaleur, transport et électricité), il faut consulter les statistiques de l’Union européenne, Eurostat2, ou mieux depuis quelques années, celles de l’association européenne de la biomasse, l’AEBIOM, qui réalise un travail remarquable de collecte et d’analyse des données dans son Statistical Report1.

Le second paradoxe, que j’oserais qualifier d’imposture, est une autre idée reçue et largement diffusée par les électriciens, comme quoi LES énergies renouvelables (comprenez TOUTES) sont intermittentes, et qu’on ne pourra pas les développer sans investir massivement dans des installations de stockage d’énergie (comprendre d’électricité), extrêmement coûteuses ce qui laisse à penser que tout cela n’est pas une solution pour le court- ni le moyen-terme, et qui fait traîner les décisions. Et bien là encore les chiffres disent tout autre chose puisque l’immense majorité des énergies renouvelables est facilement stockable : il s’agit des bioénergies, de l’hydraulique et de la géothermie qui toutes trois représentent 82 % des énergies renouvelables consommées en Europe2 ! Et qu’on ne me dise pas que les énergies renouvelables stockables sont plus chères, car on sait très bien que c’est là aussi le contraire3.

Alors pour conclure, rappelons qu’avec 112 millions de tonnes équivalent pétrole consommés en 2015, le secteur des bioénergies a augmenté de 6,53 % en un an1. Et en regardant en arrière, rappelons aussi que la consommation de bioénergie a plus que doublé depuis 2000, avec peu de soutien, et que selon les projections des États membres, la bioénergie devrait représenter 139 Mtep d’ici 20201 et jouer pleinement son rôle majeur pour atteindre les objectifs climatiques. Alors faites circuler l’information et les objectifs à 2020 puis à 2030 seront atteints bien plus facilement que les électriciens ne veulent bien le laisser croire !

Frédéric Douard

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